Richard Lavoie
HERMÉNÉGILDE LAVOIE

HERMÉNÉGILDE LAVOIE
pionnier du cinéma québécois
1908-73

La trajectoire de ce cinéaste, né à St-Jérôme au Lac St-Jean en 1908, est unique au Québec. Tout d'abord, le travail d'Herménégilde Lavoie s'inscrit dans une période (1933-49) où nous ne retrouvons que quelques ecclésiastiques (ce qu'il n'est pas!) derrière les caméras.

Photographe, cinéaste, urbaniste, éditeur d'une revue, "La Belle Province" et co-fondateur du "Club des Habitants", organisme voué dans les années quarante à la promotion et à la sauvegarde du patrimoine architectural québécois, Herménégilde Lavoie débute sa carrière en tournant une série de courts métrages qu'il intitule : LES BEAUTÉS DE MON PAYS. Ces films accompagnent des conférences publiques où il lui arrive fréquemment de critiquer le pouvoir politique qui ne fait rien contre la dégradation du patrimoine architectural. Mais le conférencier s'exprime également en qualité de directeur-adjoint de l'Office du tourisme du Québec, ce qui agace au plus haut point son employeur, le premier ministre Duplessis! Celui-ci décide de le congédier en lui offrant sa pension. À 39 ans, Herménégilde devient le plus jeune pensionné de l'État! Mais c'est un bien maigre revenu pour un père de six enfants…

Bénéficiant de sa renommée, Herménégilde Lavoie devient cinéaste professionnel offrant aux sociétés commerciales et industrielles et même aux communautés religieuses de leur faire des films de promotion. En 1949, Herménégilde Lavoie fonde donc la première société de production cinématographique de Québec, Les Documentaires Lavoie enr., qui devient Les Films Lavoie inc. en 1962, et Richard Lavoie inc. en 1969.

La filmographie d'Herménégilde Lavoie comprend une soixantaine de titres, courts, moyens et long métrages réalisés de 1933 à 1960. Deux de ses films furent primés par l'Unesco en 1953: L'HOMME ET L'HIVER et L'HOMME ET LE SOL réalisés avec le docteur Michel Brochu, géographe.

En 1962, Herménégilde Lavoie retourne à ses anciennes amours. Il est réembaucher au Service d'Urbanisme des Affaires municipales du Québec où il continuera d'inculquer ses valeurs à de jeunes urbanistes, tout en assumant la responsabilité de lourds dossiers auprès des municipalités. Après 10 ans de ce travail ardu, Herménégilde, qui a plus de soixante ans, choisit une retraite bien méritée.

Il est décédé en février 1973.

En guise de conclusion :
En congédiant Herménégilde Lavoie en 1949, le premier ministre Maurice Duplessis était bien loin de se douter qu'il contribuerait à créer une tradition du cinéma de père en fils et même en filles au Québec, puisque son fils Richard Lavoie et quatre de ses petits-enfants ont repris le flambeau : Hugues, chef électro; Geneviève, productrice; Valérie, réalisatrice et Catherine, régisseure extérieure et directrice artistique sur LE SOLEIL DE NULIGAK…

En continuité, plus de soixante-dix ans de cinéma dans cette famille francophone du Québec.

Dans les années 90, le Musée de la Civilisation de Québec a rendu hommage à Herménégilde et Richard Lavoie par un événement public : SOIXANTE ANS DE CINÉMA DE PÈRE EN FILS À QUÉBEC.

Après le décès de son père, son fils Richard réalise un documentaire d'une heure qui relate les principaux événements de la vie de ce pionnier : HERMÉNÉGILDE, VISION D'UN PIONNIER DU CINÉMA QUÉBÉCOIS, 1908-73.